Une pompe à chaleur air-eau installée coûte le plus souvent entre 10 000 et 18 000 €. Les aides publiques peuvent en couvrir une bonne moitié, mais 2026 est une année agitée : le guichet MaPrimeRénov' a été fermé du 1er janvier au 23 février, et un nouveau texte doit encore réduire la liste des travaux financés en geste isolé. Voici l'état réel des dispositifs au 1er août 2026, avec les liens officiels pour vérifier vous-même.
Les aides mobilisables en 2026
Cinq dispositifs peuvent intervenir sur une même installation : deux versent de l'argent, un réduit la facture, un prête sans intérêts, le dernier dépend de votre commune.
| Aide | Ordre de grandeur | Condition principale |
|---|---|---|
| MaPrimeRénov' par geste | 3 000 à 5 000 € (PAC air-eau) | RGE, logement de plus de 15 ans, revenus sous plafond |
| Prime CEE et coup de pouce chauffage | 2 500 à 5 000 € selon revenus | Dépose d'une chaudière fossile, RGE, performance minimale |
| TVA à 5,5 % | Environ 1 500 à 2 500 € d'écart | Logement achevé depuis plus de 2 ans |
| Éco-PTZ | Jusqu'à 30 000 € prêtés sans intérêts | RGE, résidence principale, sans condition de revenus |
| Aides locales | Souvent 500 à 2 000 € | Dépend entièrement du territoire |
MaPrimeRénov' : deux parcours, deux logiques
Gérée par l'Anah, MaPrimeRénov' a rouvert ses demandes le 23 février 2026 après la fermeture du guichet au 1er janvier, faute de budget voté. Elle se scinde en deux parcours qu'il ne faut pas confondre.
Le parcours par geste, pour une PAC seule
C'est celui qui concerne la plupart des remplacements de chaudière. Pour une pompe à chaleur air-eau, les forfaits en métropole sont de 5 000 € (profil bleu, très modestes), 4 000 € (jaune, modestes) et 3 000 € (violet, intermédiaires), dans la limite de 12 000 € de dépense éligible. Le profil rose (revenus supérieurs) n'y est pas éligible. Ces montants figurent sur la fiche Service-Public.gouv.fr, mise à jour le 19 juin 2026.
La couleur dépend du revenu fiscal de référence, du foyer et de la région : pour une personne seule hors Île-de-France, le bleu s'arrête à 17 363 €, le jaune à 22 259 € et le violet à 31 185 € (seuils plus hauts en Île-de-France).
Le parcours accompagné, pour une rénovation d'ampleur
Si la PAC s'inscrit dans un bouquet de travaux faisant gagner au moins deux classes au DPE, la prise en charge va de 80 % des dépenses éligibles pour un ménage très modeste à 10 % pour les revenus supérieurs. Un Mon Accompagnateur Rénov' est obligatoire et le montage prend plusieurs mois : à envisager surtout si le logement est classé E, F ou G.
La prime CEE et le coup de pouce chauffage
Les certificats d'économies d'énergie sont une obligation imposée aux fournisseurs d'énergie : ils financent vos travaux pour remplir leur quota, et cette prime se cumule avec MaPrimeRénov'. Le coup de pouce chauffage en est la version bonifiée, réservée au remplacement d'une chaudière gaz, fioul ou charbon : comptez en 2026 4 000 à 5 000 € pour un ménage modeste ou très modeste, de l'ordre de 2 500 € pour les autres. Trois points de vigilance :
- Demander la prime avant de signer le devis. Une demande faite après coup est refusée, sans recours.
- Prouver la dépose de l'ancienne chaudière (bordereau d'enlèvement) : sinon le coup de pouce tombe.
- Comparer les fournisseurs : le montant varie d'un obligé à l'autre pour un chantier identique.
À compter du 1er septembre 2026, la bonification doit en principe être réservée à des modèles agréés : vérifiez ce point si votre chantier tombe après cette date.
TVA à 5,5 %, éco-PTZ et aides locales
La TVA à 5,5 % remplace le taux de 20 % sur la facture, matériel et pose compris. Aucune démarche : l'installateur l'applique sur attestation du client, si le logement est achevé depuis plus de deux ans. Sur un chantier de 14 000 € TTC, l'écart vaut près de 1 900 €. Depuis le 18 juillet 2026, les PAC air-air performantes y ont droit elles aussi, en application de l'arrêté du 13 juillet 2026, sous conditions strictes de classe énergétique, de fluide frigorigène et de pilotage à distance.
L'éco-prêt à taux zéro ne réduit pas le coût, il l'étale sans intérêts : jusqu'à 30 000 € en rénovation partielle, 50 000 € en rénovation globale, sur 15 à 20 ans, sans condition de revenus mais avec un artisan RGE et une résidence principale de plus de deux ans (Service-Public.gouv.fr). Régions et intercommunalités ajoutent enfin leurs propres subventions, sans barème national : interrogez l'espace conseil France Rénov' de votre secteur, gratuit et indépendant, au 0 808 800 700 ou sur france-renov.gouv.fr.
Ce qui n'est pas éligible, la PAC air-air en tête
C'est la principale source de déception. Une pompe à chaleur air-air (climatisation réversible) installée seule n'ouvre droit ni à MaPrimeRénov' par geste, ni au coup de pouce chauffage, ni à l'éco-PTZ. Elle garde une prime CEE classique de quelques centaines d'euros et, désormais, la TVA à 5,5 %. Si vous hésitez entre les deux technologies, voir notre comparatif PAC air-eau ou air-air. Sont aussi exclus : les logements de moins de 15 ans en métropole pour MaPrimeRénov', les résidences secondaires, l'artisan non RGE et l'achat de matériel sans pose. Un chauffe-eau thermodynamique installé seul doit, lui, sortir du parcours par geste au 1er septembre 2026 (voir plus bas).
Cumul et reste à charge : un exemple chiffré
Cas courant : maison de 100 m² des années 1980, chaudière gaz en fin de vie, foyer en profil jaune, remplacement par une PAC air-eau facturée 14 000 € TTC par un installateur RGE.
| Poste | Montant | Commentaire |
|---|---|---|
| Devis TTC, TVA 5,5 % appliquée | 14 000 € | Environ 1 900 € de moins qu'avec une TVA à 20 % |
| MaPrimeRénov' par geste, profil jaune | - 4 000 € | Versée après travaux, sur facture acquittée |
| Coup de pouce chauffage (CEE) | - 4 000 € | Montant variable selon le fournisseur |
| Reste à charge | 6 000 € | Finançable par éco-PTZ, sans intérêts |
Deux garde-fous : le cumul est écrêté (le total des aides publiques ne peut dépasser 100 % du coût TTC pour un ménage très modeste, jusqu'à 50 % pour les revenus supérieurs), et MaPrimeRénov' par geste est plafonnée à 20 000 € sur cinq ans. Le prix de départ pèse d'ailleurs autant que les aides : voir notre article sur le prix d'une pompe à chaleur air-eau.
L'ordre des démarches, et l'erreur n° 1
L'erreur la plus coûteuse est de signer le devis ou de démarrer les travaux avant d'avoir déposé les demandes : ni l'Anah ni un obligé CEE ne régularisent un dossier après coup.
- Simuler vos droits sur mesaides.france-renov.gouv.fr, puis appeler un conseiller France Rénov' (gratuit) pour les aides locales.
- Demander la prime CEE auprès d'un fournisseur d'énergie, avant toute signature.
- Faire chiffrer deux ou trois devis par des installateurs RGE, certification vérifiée sur l'annuaire officiel.
- Déposer le dossier MaPrimeRénov' et attendre l'accusé de réception avant de lancer le chantier.
- Faire réaliser les travaux, puis transmettre la facture pour déclencher les versements.
Comptez plusieurs semaines entre le dépôt et l'accord, puis autant pour le versement. Si votre chaudière est déjà à l'arrêt en plein hiver, ce calendrier n'est pas tenable : mieux vaut la faire dépanner le temps de monter le dossier, comme expliqué dans notre article sur la chaudière en panne.
Arnaques : les signaux qui doivent vous faire raccrocher
La DGCCRF relevait 34 % d'anomalies parmi les professionnels du secteur contrôlés, pour un préjudice moyen de l'ordre de 20 000 € par victime (voir les conseils officiels d'economie.gouv.fr). Trois réflexes écartent l'essentiel du risque.
- Le démarchage téléphonique en rénovation énergétique est interdit depuis 2023, même si l'interlocuteur se dit « partenaire de l'État » ou « mandaté MaPrimeRénov' ». Au 11 août 2026, cette interdiction s'étend à tous les secteurs.
- La pompe à chaleur à 1 € n'existe pas. Une telle offre cache un prix gonflé, un crédit dissimulé ou un détournement d'aides.
- Vérifiez le RGE vous-même sur l'annuaire officiel France Rénov' : une certification expirée ou dans le mauvais domaine fait tomber toutes les aides.
Le signalement se fait sur SignalConso. Un installateur sérieux vous laisse le temps de comparer : la pression à signer sur-le-champ est en soi un signal d'alerte.
Ce qui peut encore bouger d'ici la fin 2026
Un décret et un arrêté présentés au Conseil national de l'habitat le 2 juillet 2026 prévoient de retirer du parcours par geste plusieurs travaux réalisés isolément (isolation, menuiseries, ventilation, biomasse, chauffe-eau thermodynamique et solaire) à compter du 1er septembre 2026, malgré un avis défavorable et consultatif du Conseil. Deux points : la PAC de chauffage resterait éligible en geste isolé, avec le raccordement à un réseau de chaleur et la dépose de cuve à fioul ; et au 1er août 2026, ces textes n'étaient pas publiés au Journal officiel à notre connaissance, donc ni la liste ni la date ne sont acquises. Les règles de remplacement des chaudières évoluent aussi : voir l'interdiction des chaudières gaz en 2026.
Questions fréquentes
Quelles aides pour une pompe à chaleur en 2026 ?
MaPrimeRénov' par geste (3 000 à 5 000 € pour une PAC air-eau selon les revenus), la prime CEE et son coup de pouce chauffage (2 500 à 5 000 €), la TVA à 5,5 %, l'éco-PTZ et d'éventuelles aides locales. Ces dispositifs se cumulent, dans la limite d'un écrêtement lié aux revenus.
La pompe à chaleur air-air est-elle éligible à MaPrimeRénov' ?
Non. Installée seule, elle est exclue de MaPrimeRénov' par geste, du coup de pouce chauffage et de l'éco-PTZ. Elle reste éligible à une prime CEE classique et, depuis le 18 juillet 2026, à la TVA à 5,5 % si l'équipement respecte les critères fixés par arrêté.
Faut-il demander les aides avant ou après le devis ?
Avant. La prime CEE se demande avant la signature du devis, et le dossier MaPrimeRénov' doit être déposé et accusé de réception avant le démarrage des travaux. Un chantier commencé trop tôt fait perdre les aides, sans régularisation possible.
Quel reste à charge pour une pompe à chaleur en 2026 ?
Sur un devis de 14 000 € TTC, un ménage modeste peut viser environ 6 000 € après MaPrimeRénov' et coup de pouce. Le chiffre varie selon le profil de revenus, le prix de départ et le fournisseur CEE. Seule une simulation officielle, devis en main, donne un montant fiable.
Les aides changent-elles au 1er septembre 2026 ?
Un décret présenté début juillet 2026 doit retirer plusieurs travaux du parcours par geste à cette date. La pompe à chaleur de chauffage resterait éligible. Au 1er août 2026, ces textes n'étaient pas publiés au Journal officiel : liste et calendrier restent à confirmer.